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La phrase prononcée en 1971 par le secrétaire au Trésor américain John Connally dans la foulée de la décision des Etats-Unis de suspendre la convertibilité or du dollar a pu résonner dans les esprits de bon nombre d’investisseurs ces derniers jours lorsqu’ils ont vu Donald Trump déclarer qu’il n’était « pas inquiété » par le sujet de la dépréciation de sa devise, soumise à d’intenses pressions vendeuses. Comme il y a un demi-siècle, il devient de plus en plus consensuel que le régime monétaire est en train de changer. En milieu de semaine, l’euro a donc flirté avec les 1,20 et le franc suisse a dépassé les 1,30.
Cependant, le dollar a fini par se stabiliser. Il limite les pertes de la semaine à moins de 1% grâce à une remontée éclair lors de la dernière séance de la semaine, la meilleure depuis le printemps dernier (DXY : +0,9%). Scott Bessent est d’abord revenu sur les propos de son supérieur, rappelant l’importance d’une politique de « dollar fort », ce qui a pu instiller des doutes sur les intentions de l’exécutif américain. Ensuite, la réunion du FOMC (au cours de laquelle le maintien des taux à 3,50-3,75% ne faisait pas l’ombre d’un doute) a vu Jerome Powell mettre en lumière la « solide » croissance de l’économie américaine et la stabilisation du marché du travail. Par conséquent, pas de raison de diminuer les taux dans l’immédiat. De plus, Trump a fini par révéler qu’il jetait son dévolu sur Kevin Warsh pour occuper la présidence de la Fed à partir du mois de mai. Sans être particulièrement hawkish, celui qui a été le plus jeune membre du Board de la Fed lors de sa nomination en 2006, ressort comme le plus orthodoxe du trio de tête des bookmakers (les deux autres étaient Kevin Hassett et Rick Rieder). De façon plus conjoncturelle, un PPI élevé (+3,0% vs +2,7% att.) est venu rappeler que l’économie américaine était très loin de refroidir. Enfin, les positions devenues extrêmement (excessivement ?) baissières sur le dollar ont pu limiter certaines ardeurs.
Les métaux précieux, valeurs refuges par excellence face à l’affaiblissement de la devise américaine ont affiché une volatilité extrêmement violente. Ils décrivent une trajectoire symétrique à celle du billet vert. L’or a bondi de 12% avant de rechuter sous les 4900 $/once.
La journée de vendredi, au cours de laquelle la nomination de Warsh a été officialisée, a ainsi vu le métal jaune connaître sa pire dégringolade journalière depuis 1980. L’argent a testé les 120 $/once avant de s’effondrer en fin de semaine et de retomber sous les 100. -36% sur la seule journée de vendredi : du jamais vu.
En revanche, le pétrole confirme sa très bonne forme du moment. Si le recul du dollar a été un vent favorable passager, le vrai moteur est celui des tensions entre les Etats-Unis et l’Iran, Washington dirigeant « une Armada » (ce sont les mots de Trump) vers le détroit d’Ormuz, point névralgique du commerce international de pétrole. Conséquence, le baril de Brent termine tout près des 70. Les marchés sont aussi restés dans l’attente d’un maintien de la production de l’OPEP+ en mars.
Sur les marchés actions, la saison des résultats bat son plein et permet à l’Europe de confirmer son avance sur les Etats-Unis en ce mois de janvier. Les destins opposés de Meta et de Microsoft ont montré une certaine hétérogénéité dans la réception réservée aux copies des géants de la Tech. Dans l’ensemble, les résultats américains sont assez décevants avec, jusqu’ici, des surprises de profits positives pour seulement trois quarts des sociétés du S&P 500, un plus bas depuis un peu plus d’un an. Les ventes d’insiders sont au plus haut des cinq dernières années, ce qui peut limiter les intentions acheteuses. Cela dit, les révisions de profits restent bien orientées. Le S&P 500 met fin à une séquence de deux semaines consécutives de recul.
Les marchés émergents restent très bien orientés, en particulier la Corée du Sud, où les investisseurs ont choisi de saluer les résultats des géants de la mémoire et de ne pas accorder trop d’importance aux nouvelles menaces tarifaires de Trump.
Finalement, les taux sont restés en ordre assez resserré des Etats-Unis au Japon en passant par l’Europe. Le 10 ans américain se maintient au-dessus de 4,20% alors que ses homologues allemand et japonais restent respectivement autour de 2,85% et 2,25%.
Performance hebdomadaire et depuis le début de l’année, % en monnaie locale
Source : SILEX, Factset au 30/01/2026. Investisseurs professionnels uniquement (tels que définis par la réglementation de votre pays d’origine).
Il ne s’agit pas d’une recommandation, à titre informatif uniquement. Les performances passées ne garantissent pas les performances futures.
Analyste Cross-Asset
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