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La RBI marque une pause en maintenant le taux repo à 5,25%. Elle qualifie son positionnement de « neutre », après un cycle d’assouplissement déjà conséquent de 125 pb. Mais le message est moins celui d’une fin de cycle que d’un calibrage : la banque centrale estime que le niveau de taux est désormais suffisamment accommodant et que le levier principal, à court terme, est la qualité de la transmission. D’où l’insistance sur une « gestion préemptive de la liquidité » : l’objectif est d’éviter qu’un déficit de liquidité dans le système bancaire ne pousse les taux courts effectifs vers le haut du corridor ciblé (et ne transforme mécaniquement la pause en resserrement). C’est, au fond, la même logique de plomberie monétaire que celle observée aux États-Unis quand des facteurs techniques de réserves monétaires peuvent décaler les taux de marché par rapport à l’intention de politique monétaire.
Sources: SILEX, Bloomberg, 06.02.2026
Les performances passées ne garantissent pas les performances futures.
Sur le fond macroéconomique, la banque centrale délivre un message très constructif, toujours « Goldilocks ». La croissance reste solide. Elle est légèrement révisée à la hausse à court terme (7,4% pour cette année), parce que l’économie est de plus en plus tirée par la demande domestique : consommation et investissement tiennent bien, le crédit reste dynamique et les conditions financières sont jugées bonnes. À l’inverse, le commerce extérieur reste un frein net pour l’instant.
Sources: SILEX, Bloomberg, 06.02.2026
Les performances passées ne garantissent pas les performances futures.
L’inflation est décrite comme très modérée, avec une très légère révision haussière qui est surtout technique plutôt que cyclique. Deux explications dominent : d’une part des effets de base moins favorables en fin d’année fiscale (qui remontent mécaniquement le YoY), d’autre part un effet de composition lié à la hausse des métaux précieux. Mais cela ne ressemble pas à un signal hawkish : la dynamique sous-jacente hors composantes volatiles reste jugée contenue, ce qui laisse de la marge à la RBI tout en justifiant la pause pour observer la transmission et l’évolution des données.
Sources: SILEX, Bloomberg, 06.02.2026
Les performances passées ne garantissent pas les performances futures.
Le volet externe a été enrichi par l’annonce en début de semaine d’un accord commercial Inde–États-Unis clairement encourageant pour le sentiment et potentiellement pour les exportations à moyen terme. Les droits de douane américains sont diminués de 50% à 18% (réduction des droits de douane réciproques de 25% à 18% et suppression de la « majoration pétrole russe » permise par la volonté de l’Inde s’approvisionner désormais auprès de Caracas plutôt qu’à Moscou). Mais la banque centrale va rester prudente : l’effet macroéconomique dépendra du périmètre, du calendrier et de l’exécution… toujours très flous lors des deals avec l’administration Trump. À ce stade, l’effet le plus tangible est celui sur les actifs via l’appétit pour le risque. Combiné au statu quo de la RBI, cela peut aider la roupie à se stabiliser, mais le niveau restera largement déterminé par le régime de flux.
Sources: SILEX, Bloomberg, 06.02.2026
Les performances passées ne garantissent pas les performances futures.
La logique de flux éclaire aussi la réaction sévère accordée par les marchés à l’annonce du budget indien pour l’exercice fiscal 2026-2027 qui commence en avril. Sur le papier, la trajectoire de déficit n’a rien de franchement aventureux (déficit de 4,3% du PIB en 2026-27, légèrement mieux que les 4,4% de 2025-26). En revanche, le marché a réagi négativement parce que l’annonce a été perçue comme moins favorable aux marchés à court terme : tension sur les taux (encore du papier à absorber), baisse des actions (choc de sentiment, notamment via les mesures touchant les dérivés et l’écosystème de trading), et devise plus fragile dans un contexte où les investisseurs sont déjà hésitants.
Sources: Bloomberg, 06.02.2026
Les performances passées ne garantissent pas les performances futures.
Ainsi, la macro domestique indienne reste bien orientée : croissance robuste, inflation bénigne, banque centrale pragmatique. Mais le destin des marchés indiens en 2026 se jouera davantage sur la capacité à reconvaincre les investisseurs internationaux après les sorties observées l’an dernier : stabilisation de la devise, crédibilité de l’exécution budgétaire, et lisibilité des catalyseurs, en particulier au niveau des relations avec les Etats-Unis. La pause de la RBI est cohérente avec ce cadrage : elle protège la dynamique interne, tout en évitant que la plomberie de la liquidité ne durcisse les conditions financières au mauvais moment. Si les flux se normalisent, l’Inde peut retrouver le peloton de tête des émergents. Si les flux restent volatils, la performance relative restera modeste.
Analyste Cross-Asset
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