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Comme attendu, le début de semaine a été agité sur la partie longue de la courbe. Les menaces de Donald Trump envers l’Europe au sujet du Groenland, et les craintes sur une envolée budgétaire au Japon (scénario Liz Truss), ont malmené les dettes à 30 ans dont les rendements ont rapidement grimpé de 20 à 30bp. Le mouvement n’a pas duré très longtemps, le Japon annonçant tout mettre en place pour soutenir ses emprunts d’Etat et D. Trump cherchant à Davos à trouver un compromis avec l’Europe pour entamer ses projets miniers sur ce nouveau far west de ressources.
Attention toutefois aux mouvements venant du Japon : l’ampleur des capitaux en jeux rend souvent ce pays source de risques systémiques comme à l’été 2024. Il ne faudrait pas que les pertes sur les JGBs amènent à d’autres débouclages de carry trade, impactant cette fois-ci les Treasuries US. Les autorités monétaires sont en vigilance rouge, avec en tête de soutenir le Yen.
C’est donc l’économie US qui a dans un second temps drivé la courbe, avec encore une fois plusieurs signaux d’une croissance robuste: un PIB T3 révisé à +4.4% en dernière estimation (vs +4.3%), des allocations chômage toujours basses (200k), et un PMI composite de janvier proche des 53 (52.8). De quoi ajouter du doute sur le potentiel de baisse de taux pour la FED, et engager un mouvement de repricing du taux 2 an (passé de 3.45% à 3.60% comme on le voit sur le graphique. Au final, il n’y aura pas eu de pentification, la pente 2-10y restant vers +63bp. On notera par ailleurs que la Cour Suprême reste bien silencieuse sur les deux dossiers chauds (tarifs douaniers et Lisa Cook), scrutés par les observateurs étrangers. En Europe plus surprenant, c’est le mouvement de convergence de taux qui a encore été à l’œuvre. Si le Bund 10 ans reste élevé à 2.9% (plus haut depuis 2023), les spreads italiens et français se sont encore resserrés contre Allemagne à respectivement 60bp et 58bp.
Conclusion: le marché semble de moins en moins persuadé que la FED adopte un ton accommodant sur les prochains mois, remettant en question l’impact de la nomination d’un nouveau président.
L’earning season calme le marché primaireEntre le regain de volatilité sur la courbe et la période des résultats qui monte en puissance, l’activité sur le marché du crédit a été en repli la semaine dernière.
Les indices de spreads ne montrent toujours aucune crainte avec des niveaux IG au plus bas annuel à respectivement 75bp et 72bp en Europe et aux US. Même idée pour les indices HY où la décompression n’aura pas sa place en ce début d’année. Les indices affichent respectivement 264 et 256bp en Europe et aux US. Ainsi, le crédit surperforme largement les emprunts d’Etat en ce début d’année, en ligne avec le scénario.
Outre les émissions de Tier2 de Belfius, Crelan et Eurobank, le segment HY a accueilli EUR500m de Flora Food et Betclic Everest dans le segment gaming. Aux US, Ally Financial a rassuré au T4 avec un volume d’activité soutenue tout en réduisant son coût du risque. Ally Financial fait partie des CDS les plus larges dans le CDX IG tout comme Paramount, dont l’offre sur Warner Bros semble de moins en moins devoir l’emporter à la suite de l’offre full cash de Netflix.
Conclusion: le marché crédit porte tous les signaux de l’optimisme des investisseurs.

Source : SILEX, Bloomberg au 23/01/2026. Investisseurs professionnels uniquement (tels que définis par la réglementation de votre pays d’origine).
Il ne s’agit pas d’une recommandation, à titre informatif uniquement. Les performances passées ne garantissent pas les performances futures.
Head of Credit Research and Advisory
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