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L’année 2026 continue sur fond de relations internationales tendues, en témoignent les dernières disputes au sein de l’OTAN entre Américains et Européens au sujet du Groenland. Pourtant, c’est moins la géopolitique que la politique intérieure de l’Oncle Sam qui a décidé du sort des marchés actions ces derniers jours. Après le « TACO trade » qui a rythmé la vie des marchés l’année dernière (pour Trump Always Chickens Out en raison du recul de Trump sur un certain nombre de mesures douanières), c’est le « Big MAC trade » qui s’impose (pour Big Midterms Are Coming, le nom est une trouvaille de Ned Davis Research). L’idée : Donald Trump a déjà les yeux rivés sur les élections de mi-mandat de novembre prochain et sa campagne, centrée sur le thème du pouvoir d’achat, commence déjà à orienter les performances des marchés. La semaine passée, il a exprimé sa volonté d’amener les géants de la tech à payer davantage pour l’électricité qu’ils consomment abondamment, ce qui a pesé sur l’ensemble de la cote. Sa proposition de plafonner les taux d’intérêt sur les cartes de crédit ne fait pas les affaires de bon nombre de valeurs financières. Les indices européens évitent l’indigestion de Big Mac et se démarquent de leurs homologues américains.
Cela ne doit pas cacher que les indicateurs macroéconomiques américains sont au vert et envoient même des signes d’accélération cyclique, peut-être déjà sous l’effet de la Big Beautiful Bill des Républicains. Des ventes au détail robustes (+0,4% vs +0,2% att.) et des inscriptions au chômage au plancher confirment que le marché du travail se stabilise peu à peu. L’accord visant à diminuer les droits de douane sur Taïwan de 20% à 15% devrait aussi soutenir l’activité. Le CPI de décembre, bien que sous les attentes dans sa partie sous-jacente (+2,6% vs +2,7% att.) ne suffit pas pour permettre d’envisager une nouvelle baisse de taux de la Réserve fédérale dans un avenir proche. Par conséquent, le dollar achève une troisième semaine de hausse consécutive. Les rendements à 10 ans s’aventurent juste au-dessus des 4,20%, une première depuis septembre dernier. Les small caps profitent de cette ambiance où « good news is good news ». L’appétit pour le risque fait aussi les affaires du Bitcoin, bien aidé par des flux entrants significatifs sur les ETF en ce début d’année.
Au Japon, le « Takaichi trade » a fait son grand retour. La Première ministre souhaite convoquer une nouvelle élection parlementaire. Conséquence : recul du yen, hausse des rendements et des actions. La devise nippone approche des 160 contre le dollar, ce qui a amené la ministre des Finances à suggérer qu’une intervention des autorités pourrait se profiler. Cela serait d’ailleurs du goût de Scott Bessent qui a averti que la dépréciation d’une autre devise de la région, le won sud-coréen, n’était pas cohérente compte tenu de solides fondamentaux économiques. En effet, la Corée du Sud tire encore les émergents asiatiques. Elle est toujours soutenue par les goulets d’étranglement dans le domaine de la mémoire. Taïwan se distingue aussi grâce aux excellents résultats de TSMC. L’excédent commercial record enregistré par Pékin en 2025 (1200 milliards de dollars) a aussi alimenté le sentiment acheteur en Chine. Mais de nouvelles restrictions limitant l’utilisation du levier ont fini par modérer la fièvre acheteuse sur les indices chinois.
La prime géopolitique qui avait fait son apparition sur les cours du Brent se dégonfle un peu sans disparaître complètement : en milieu de semaine, Trump a déclaré ne pas vouloir frapper l’Iran dans l’immédiat, ce qui permet d’écarter momentanément le scénario catastrophe que constituerait la fermeture du Détroit d’Ormuz, toujours redoutée lorsque Téhéran est menacé. L’afflux à venir de barils vénézuéliens aux Etats-Unis limite la progression du WTI, si bien que le spread transatlantique entre les deux références atteint un sommet, au-dessus de 4,6$. Parmi les hydrocarbures, l’envolée était à chercher du côté du gaz européen : les stocks sont bas et une nouvelle vague de froid devrait frapper l’Europe centrale fin janvier : le TTF prend plus de 30%.
L’or a continué son ascension, mais c’est l’argent qui a encore impressionné. Les restrictions à l’exportation décrétées par la Chine, qui raffine 60% de l’argent mondial, font craindre des pénuries. Même si les Etats-Unis ont dit ne pas avoir l’intention d’imposer des droits de douane sur le métal gris dans l’immédiat, cela n’a pas suffi à enrayer son envolée.
Performance hebdomadaire et depuis le début de l’année, % en monnaie locale
Source : SILEX, Factset au 16/01/2026. Investisseurs professionnels uniquement (tels que définis par la réglementation de votre pays d’origine).
Il ne s’agit pas d’une recommandation, à titre informatif uniquement. Les performances passées ne garantissent pas les performances futures.
Analyste Cross-Asset
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