actualités
Se projetant déjà vers 2026, les marchés ont prêté une oreille très attentive aux propos des oracles qui se sont exprimés. Le premier de ces sages était Jerome Powell qui a opté pour un ton franchement accommodant afin de justifier une troisième baisse de taux consécutive de la Réserve fédérale. En plus de cela, le FOMC prévoit des conditions économiques très porteuses l’année prochaine (croissance 2026 : +2,3%, chômage contenu à 4,5%). Toutefois, Powell a eu le plus grand mal à cacher des divisions de plus en plus visibles au sein des décideurs de la Fed. L’incertitude reste de mise quant à la suite des événements et les taux pourraient être maintenus quelques mois.
Cela peut expliquer pourquoi d’un côté le dollar s’est déprécié mais que, dans le même temps, les taux longs refusent de baisser. Le 10 ans américain tutoie les 4,20%. Le 30 ans est revenu sur ses plus hauts des trois derniers mois, au-dessus de 4,8%. L’envolée de la partie longue a été encore plus douloureuse en Europe où les commentaires hawkish d’Isabel Schnabel n’ont pas aidé. Christine Lagarde ayant déjà annoncé que les prévisions de croissance publiées par la BCE ce jeudi seront revues à la hausse, la question sera de savoir si le discours de la banquière centrale modifie les anticipations de marché qui sont encore unanimes sur la stabilité des taux courts dans un avenir prévisible. Les rendements à long terme sont aussi un enjeu sur lequel les remarques de la BoJ , qui devrait relever ses taux ce vendredi, seront très attendues. D’autant que le yen a encore réussi à se déprécier face à un billet vert pourtant en petite forme.
L’autre oracle, non moins attendu par les marchés actions, n’était autre que l’entreprise éponyme dont les résultats ont été rudement accueillis par les marchés. Les investisseurs éprouvent encore des doutes sur sa capacité à monétiser ses investissements dans l’IA. Dans le sillage d’Oracle, la publication de Broadcom a été tout aussi sévèrement sanctionnée. Cela a pesé sur les indices des grandes capitalisations américaines alors que leurs petites sœurs, plus sensibles aux conditions macroéconomiques, ont été enthousiasmées par les anticipations de croissance optimistes communiquées par la banque centrale.
Un dollar en recul retrouve son rôle de soutien pour les émergents moyens (Brésil, Mexique, Afrique du Sud, notamment). Mais les gros poissons ont plus de mal : le modèle chinois semble toujours plus déséquilibré (excédent commercial record mais ventes automobiles domestiques en chute libre) et l’effervescence autour de l’IA locale est retombée. Les faux espoirs de progrès dans les discussions commerciales avec l’administration Trump pèsent toujours sur les actions indiennes.
La frénésie autour de l’argent ne cesse pas. Le squeeze se prolonge, ce qui se retrouve dans un spread qui s’est encore retourné entre les marchés londonien (64,5 $/once vendredi soir) et new-yorkais (61,9). Mais sur les deux places, 31,1035 grammes d’argent valaient alors plus que 159 litres de pétrole (Brent : 61,7$, WTI : 57,5 $)
Performance hebdomadaire et depuis le début de l’année, % en monnaie locale
Source : SILEX, Factset au 12/12/2025. Investisseurs professionnels uniquement (tels que définis par la réglementation de votre pays d’origine).
Il ne s’agit pas d’une recommandation, à titre informatif uniquement. Les performances passées ne garantissent pas les performances futures.
Analyste Cross-Asset
liens utiles :
autres actualités :
Votre premier rendez-vous est gratuit : l’occasion de faire le point sur votre situation et d’identifier les leviers adaptés à vos objectifs.