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Guerre commerciale ou non, les chiffres chinois n’en finissent pas de battre des records. En novembre, l’excédent commercial culmine à près de 112 milliards de dollars (vs 100,2 milliards att.). Cela porte le total depuis le début de l’année à plus de 1000 milliards de dollars. Le sommet de 2024 (992 milliards) est déjà battu.
Sources: SILEX, Bloomberg, 10.12.2025
Les performances passés ne garantissent pas les performances futures
Mais au-delà de cette statistique mémorable, trois messages ressortent de ces données commerciales.
1) Les exportations sont redirigées loin des Etats-Unis et toujours soutenues par un yuan imbattable
Si la hausse des exportations se montre particulièrement robuste en novembre (+5,9% a/a vs +3,8% att.), on peut y voir un rattrapage de la déception du mois précédent où les exportations avaient reculé de 1,1%.
Mais plus que l’envol des exportations, c’est leur composition qui mérite d’être mise en lumière :
Le découplage avec les Etats-Unis, une tendance forte de l’année 2025, se confirme. Le commerce sino-américain s’effondre de plus de 28% sur un an.
Les chiffres de novembre suggèrent que la Chine trouve (encore) des clients. Dans les premiers mois de la guerre commerciale, les pays d’Asie du Sud-Est (ASEAN) avaient absorbé une grande partie des excédents chinois. Désormais, les envois se dirigent vers d’autres zones, comme l’UE (+14,8% a/a), le Brésil (+12,5%) ou le Royaume-Uni (+8,7%), se faisant de plus en plus agressifs.
Sources: SILEX, Bloomberg, 10.12.2025
Les performances passés ne garantissent pas les performances futures
Les temps changent et la perspective de voir l’UE imposer des droits de douane sur la Chine n’est pas absurde. D’ailleurs, ces chiffres sont arrivés concomitamment aux propos du Président Macron à l’encontre des pratiques commerciales chinoises.
Pour expliquer ce flux de marchandises chinoises, il n’est pas inutile de rappeler que l’excédent commercial engrangé ces dernières années a été permis par une dépréciation réelle très marquée du yuan. Vis-à-vis de l’euro comme du dollar, celui-ci a perdu environ 25% en termes réels depuis 2019. En d’autres termes, la déflation chinoise a permis des gains de compétitivité impressionnants.
Sources: SILEX, Bloomberg, 10.12.2025
Les performances passés ne garantissent pas les performances futures
En valeur nominale, le yuan affiche une appréciation marquée face au dollar depuis le début de l’année. Il prend environ 4%, la paire USDCNY approchant de la barre des 7. Il semble toutefois que les autorités chinoises souhaitent garder un strict contrôle sur les fluctuations de leur devise. La semaine passée, elles ont annoncé un fixing quotidien assez nettement supérieur (donc un taux de change plus faible) aux anticipations de marché, à 7,0733 alors qu’une enquête Bloomberg le voyait à 7,0569.
Sources: SILEX, Bloomberg, 10.12.2025
Les performances passés ne garantissent pas les performances futures
2) Des importations de matières premières très pragmatiques
Du côté des importations et de leurs implications sur les marchés de matières premières, les achats de minerai de fer se montrent robustes (+8,5% a/a). Cela pourrait offrir un soutien aux cours du métal, qui cherchent un second souffle depuis septembre dernier. Le minerai de fer se négocie dans une fourchette de 103-107 dollars/tonne. Notons que le premier minéralier dont la cargaison provient de la mine de Simandou en Guinée a largué les amarres début décembre, prenant la direction de la Chine.
Sources: SILEX, Bloomberg, 10.12.2025
Les performances passés ne garantissent pas les performances futures
Les achats de pétrole restent dominés par une logique de stockage. Ces dernières années, la Chine a su « acheter bas ». Avec un Brent à moins de 65 dollars, pas de raison de changer de stratégie.
Sources: SILEX, Bloomberg, 10.12.2025
Les performances passés ne garantissent pas les performances futures
Finalement, concernant l’épineuse question du cuivre, la Chine est peut-être un peu moins décisive qu’elle ne l’était il y a encore quelque temps dans la formation des cours. Les importations massives de métal rouge aux Etats-Unis (à cause du risque de droits de douane) détournent un peu les flux mondiaux de la Chine.
Sources: SILEX, Bloomberg, 10.12.2025
Les performances passés ne garantissent pas les performances futures
3) La guerre commerciale Etats-Unis/Chine n’est pas finie, loin s’en faut
Concernant la guerre commerciale entre les deux premières économies mondiales, on constate du bon et du moins bon. D’un côté, les exportations de terres rares repartent en novembre dans la foulée de la rencontre Trump-Xi en Corée du Sud. Un signe que « l’arme » brandie par Pékin n’est (temporairement) plus braquée sur le secteur technologique américain.
Sources: SILEX, Bloomberg, 10.12.2025
Les performances passés ne garantissent pas les performances futures
Cependant, une autre clause de l’accord trouvé entre les deux parties il y a un peu plus d’un mois pourrait être source de nouvelles tensions. Bien qu’elle se soit engagée à acheter 12 millions de tonnes de soja avant le 31 décembre, la Chine semble avoir déjà fait ses emplettes pour l’année, très majoritairement auprès d’autres partenaires comme le Brésil ou l’Argentine.
Sources: SILEX, Bloomberg, 10.12.2025
Les performances passés ne garantissent pas les performances futures
D’où l’impression que le prochain tour de négociations sino-américaines ne devrait pas tarder.
Analyste Cross-Asset
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