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Le marché des taux a été la semaine passée balloté entre espoirs sur la croissance économique et nouvelles craintes sur le marché de l’emploi.
L’observateur qui ne regarderait que le marché des taux US aurait pu dire que la semaine a été calme. Le 10 ans évolue toujours autour de 4.1%, et le 2 ans s’est légèrement replié sous les 3.6%. Mais l’amplitude reste faible.
Pour autant les opérateurs ont dû arbitrer entre deux tendances distinctes : d’un côté une activité US toujours soutenue, comme le prouvent les indicateur ISM (l’ISM services est ressorti pour octobre à 52.4, soit bien plus que les 50.8 attendus); et de l’autre des chiffres d’emplois qui font toujours craindre une hausse à venir du chômage (faible création d’emploi dans le privé puisque l’ADP indique +42k, et enquête Challenger qui mentionne 153k suppressions de postes en octobre, soit le plus mauvais mois d’octobre depuis 2003). L’intelligence artificielle est présentée comme le responsable de ce chiffre, mais globalement les plans de cost cutting se sont multipliés. Il n’en fallait pas plus pour que le marché renforce son pronostic d’une baisse de 25bp des taux directeurs en décembre, expliquant donc pourquoi le rendement du 2 ans US était repassé sous les 3.6%. CQFD.
En Europe, la tendance n’aura pas été très différente sur les indicateurs d’activité, le PMI composite final d’octobre pour la zone euro ressortant finalement à 52.5 vs 52.2 en première lecture. Pour autant, la BCE n’est pas attendue comme très active sur les prochains mois, limitant le mouvement sur les taux (le rendement du 10 ans a gagné +4bp sur la semaine).
Conclusion: difficile de dire si ces enquêtes seront suffisantes pour définitivement convaincre les membres de la FED…
La remontée des spreads n’a pas freiné le marché primaireMalgré une très bonne saison de résultats aux US (plus de 82% de bonnes surprises sur les EPS, meilleure performance en 4 ans), les inquiétudes sur les valorisations AI se sont poursuivies.
Les spreads de crédit ont donc logiquement accusé le coup : les spreads IG se sont écartés pour une seconde semaine consécutive (de l’ordre de +5bp aux US et en Europe), tandis que la décompression est logiquement revenue sur le marché HY (indice +10bp en Europe et +15bp aux US sur la semaine).
Reste que ces mouvements n’ont pas perturbé le marché primaire, et notamment le segment des hybrides corporates qui a accueilli EUR2.25md de Verizon et EUR2.5md de NextEra, un producteur d’électricité spécialisé sur les renouvelables (éolien et solaire) aux US. Côté HY, ce sont plutôt les BB défensifs ou X-Over qui ont attiré les intérêts comme Verallia, Picard ou New Immo Holding. Dans ce segment, Webuild a d’ailleurs été upgradé de BB à BB+ par S&P, tandis que Grifols a été remonté de BB- à BB chez Fitch.
En Europe, le taux de « bonne surprise » sur les résultats Q3 a été beaucoup plus faible (43%). On notera même qu’un certain nombre d’émetteurs BBB- sont proche de tomber dans la zone BB comme PostNL , Electrolux ou Lanxess et que WPP va perdre un cran et tomber en BBB-. La dynamique des fallen angels primera-t-elle en 2026 ? Possible.
Conclusion: sans données macro, c’est bien l’humeur sur l’IA qui dicte sa loi.

Source : SILEX, Bloomberg au 07/11/2025. Investisseurs professionnels uniquement (tels que définis par la réglementation de votre pays d’origine).
Il ne s’agit pas d’une recommandation, à titre informatif uniquement. Les performances passées ne garantissent pas les performances futures.
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