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La BoJ maintient ses taux à 0,50% pour la sixième fois de suite. Les conditions ne semblent pas encore réunies pour permettre à la banque centrale japonaise de relever encore ses taux. Néanmoins, la trajectoire reste indéniablement celle d’une campagne de resserrement monétaire.
Sources: SILEX, Bloomberg, 31.10.2025
Les performances passés ne garantissent pas les performances futures
Le principal signal accommodant est venu de la répartition des votes des décideurs de la banque centrale. L’équilibre reste le même qu’en septembre puisque sept ont voté pour maintenir le taux directeur à 0,50% alors que Takata et Tamura se prononçaient à nouveau pour une hausse de taux. Ce statu quo laisse donc penser que la situation demeure figée.
Sources: SILEX, Bloomberg, 31.10.2025
Les performances passés ne garantissent pas les performances futures
Autre signal plutôt dovish, les prévisions économiques n’ont pratiquement pas été modifiées. La BoJ continue à attendre un déclin de l’inflation l’année prochaine (permis notamment par une décrue des prix alimentaires comme de l’énergie) avant un rebond un peu plus tard en raison des tensions sur le marché du travail. Rappelons que ce dernier point est l’objectif de la banque centrale qui souhaite insuffler une boucle prix-salaires afin de mettre fin à des décennies de pressions déflationnistes.
Sources: SILEX, Bloomberg, 31.10.2025
Les performances passés ne garantissent pas les performances futures
L’argument principal derrière la décision prudente prise ce jour reste celui de la patience. Les tout derniers chiffres d’inflation des services et salariale n’ont pas été à la hauteur et la BoJ ne souhaite pas tuer cette inflation vertueuse dans l’œuf.
Sources: SILEX, Bloomberg, 31.10.2025
Les performances passés ne garantissent pas les performances futures
Comme souvent, les résultats des négociations salariales de début d’année seront très scrutés. Le Rengo (principal syndicat japonais) a déjà annoncé qu’il voulait obtenir des augmentations de 5% pour l’année prochaine. Même si Ueda a dit vouloir disposer de plus de données à ce sujet avant de prendre une nouvelle décision de politique monétaire, le Gouverneur de la BoJ a rappelé qu’il n’avait pas besoin d’attendre que les discussions du shunto soient achevées. Par conséquent, une nouvelle hausse des taux dans les prochains mois reste probable.
La récente arrivée de Sanae Takaichi au poste de Premier ministre a aussi son importance. La BoJ décide de se montrer constructive et Ueda a annoncé que la banque centrale allait « communiquer étroitement » avec le nouveau gouvernement (ce qui est l’usage au Japon, bien plus qu’aux Etats-Unis ou en Europe). La nouvelle Première ministre n’est pas une fervente partisane de la rigueur monétaire, ce dont la BoJ semble prendre acte. Mais le « Takaichi trade » (espoirs de voir le gouvernement procéder à une relance budgétaire et restreindre la campagne de resserrement de la BoJ) qui dure depuis le début du mois d’octobre sur des marchés actions japonais en ébullition nous semble très excessif.
Economie très ouverte, le Japon est particulièrement exposé aux conflits commerciaux internationaux. Mais l’apaisement des tensions sino-américaines dans ce dossier pourrait faciliter le travail de la BoJ pour qui remonter ses taux deviendrait plus facile. D’ailleurs, les derniers chiffres d’activité n’ont pas été inquiétants. Au contraire, ils s’inscrivent dans un cycle de croissance assez largement partagé à l’échelle mondiale. Bien que le PMI manufacturier reste en territoire de contraction (48,3), des services dynamiques (52,4) permettent au secteur privé japonais d’avancer doucement (PMI Composite octobre : 50.9).
Sources: SILEX, Bloomberg, 31.10.2025
Les performances passés ne garantissent pas les performances futures
Cette décision, en surface plutôt dovish, a encore pesé sur le yen. La paire USDJPY repasse au-dessus de 153, après avoir déjà souffert après la « hawkish cut » de la Fed mercredi. Mais il faut rappeler que si la Fed baisse moins ses taux, cela donne une raison de plus à la BoJ de les relever afin de limiter l’inflation importée. C’est ce qu’a déclaré il y a quelques jours Haruihko Kuroda, le prédécesseur de Ueda à la tête de la BoJ, soutenant que le yen devait s’apprécier jusqu’à 120-130 contre l’USD.
L’écart de taux entre la Fed et la BoJ est appelé à se réduire ces prochains mois, ce qui devrait soutenir un yen qui reste la devise la plus sous-évaluée du G7 face au dollar.
Après les annonces du jour, les marchés estiment à 47% la probabilité de voir une hausse de taux en décembre contre 37% auparavant.
Analyste Cross-Asset
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