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Le Nouvel An lunaire 2026, qui débutera le 17 février prochain, ouvrira l’année du Cheval de Feu. Dans l’imaginaire, le cheval représente l’élan et la vitesse. Pourtant, sur les marchés chinois, le message implicite du moment ressemble plutôt à l’inverse : pas de galop, plutôt un petit trot. Pékin avance l’idée d’un « slow bull », c’est-à-dire une hausse graduelle et encadrée, pensée pour éviter le scénario que les actions domestiques connaissent trop bien : l’emballement… et la déconvenue.
Sources: SILEX, Bloomberg, 04.02.2026
Les performances passées ne garantissent pas les performances futures.
Pourquoi cette obsession de la lenteur ? Parce que la Chine a déjà payé le prix des marchés haussiers trop rapides, surtout sur les A-shares (Shanghai/Shenzhen), dont la structure favorise les mouvements extrêmes. Le marché reste très sensible aux variations de narratif : une rumeur, une inflexion de ton politique, un signal réglementaire, et la dynamique peut s’auto-alimenter. Et l’ingrédient le plus inflammable est connu : c’est le levier. Quand la hausse démarre, la marge agit comme un accélérateur ; quand elle s’arrête, elle se transforme en mécanisme de liquidation. Le traumatisme de 2014–2015 (une hausse dopée au crédit suivie d’un retournement brutal) continue de hanter les autorités. L’histoire plus récente nous le rappelle. L’année 2024 a rappelé la vitesse à laquelle l’appétit pour le risque peut revenir à la faveur d’annonces de soutien (espoir d’un vaste plan de soutien à l’activité en septembre 2024) et la brutalité possible de terribles retours à la réalité quand le marché en attend trop. Dans ce contexte, le “slow bull” pourrait être une solution.
Cette doctrine repose sur deux piliers. Le premier : éviter la hausse « à crédit ». Mieux vaut prévenir que guérir. Cela passe par la supervision des intermédiaires, les conditions de marge, et tout ce qui réduit la probabilité d’un marché “dopé” au levier. Le second : changer la nature des flux. Pékin veut attirer davantage d’« investisseurs longs » (assurances, fonds plus institutionnels) et pousser un marché « de meilleure qualité » : plus de discipline, plus de transparence, plus de crédibilité sur les règles.
Reste le non-dit, mais qui ne saurait passer inaperçu : la “national team”. En période de stress, des acteurs liés à l’État peuvent intervenir (souvent via des achats d’ETF) afin de casser une spirale baissière et stabiliser le sentiment en jouant un rôle contracyclique. Le point clé, pour un investisseur, est de ne pas confondre stabilisation et garantie : un filet peut réduire le risque de panique, mais il ne remplace ni croissance, ni profits, ni confiance.
Dernière nuance : le “slow bull” vise d’abord le marché onshore des A-shares. Les H-shares à Hong Kong réagissent davantage à la perception mondiale du « risque Chine », aux flux internationaux et aux grandes capitalisations plus « globalisées », en particulier dans le secteur technologique.
Le « slow bull » n’est pas une promesse de hausse de court terme. C’est un pari de gouvernance : encadrer l’ascension, contenir le levier, améliorer la qualité du marché et — si nécessaire — amortir les chocs. Si Pékin réussit, 2026 pourrait ne pas être une année de sprint, mais celle d’une progression pas à pas. Et d’un marché qui tente enfin de ne pas se saboter lui-même.
Analyste Cross-Asset
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