actualités
Ces derniers jours ont été riches en rebondissements dans le secteur de la technologie américaine, entraînant des retournements de marchés particulièrement brutaux. La diffusion, par Anthropic , d’un nouveau modèle capable de rebattre les cartes dans l’univers du SaaS (Software as a Service) a été responsable d’une véritable débâcle des entreprises du « software ». Les mots de Jensen Huang, qui a qualifié cette réaction de « chose la plus illogique au monde » n’y ont rien fait, pour le moment. Pour ne rien arranger, l’accueil réservé aux publications des géants de la Tech a été particulièrement sévère. Les intentions de Capex faramineuses des stars de la cote américaine inquiètent. Alphabet, Microsoft et Amazon en ont fait les frais. Le sort réservé à AMD n’a pas été bien meilleur. Le NASDAQ 100 recule donc. Un Bitcoin en chute libre, sous les 70 000 dollars, illustre les inquiétudes des investisseurs vis-à-vis du secteur de la technologie. La reine des cryptos n’a pas non plus été aidée par Scott Bessent qui a clairement expliqué que le gouvernement américain n’endosserait pas le rôle du prêteur en dernier ressort en cas de krach des cryptos. Si les actions américaines limitent les dégâts en fin de semaine, c’est grâce à une rotation sectorielle bienvenue. Le S&P 500 équipondéré surperforme largement la version pondérée par la capitalisation. Les petites capitalisations s’envolent. Et le Dow Jones, indice de la « vieille économie », atteint des sommets historiques. Finalement, l’indice des 500 plus grandes entreprises américaines rebondit sur sa moyenne mobile à 100 jours. Et comme de coutume depuis le début de l’année, les actions européennes s’en sortent nettement mieux que leurs cousines américaines.
Parmi les émergents, l’Inde est la grande gagnante de la semaine. New Delhi a trouvé un accord avec Washington afin de réduire les droits de douane de 50% à 18%. En échange, les Indiens s’engagent (entre autres) à s’approvisionner en pétrole auprès de Caracas plutôt que de Moscou.
Cela n’est pas sans conséquence sur le marché du brut, où la production russe peine de plus en plus à trouver preneur (spread Brent-Urals à plus de 10 dollars, 140 millions de barils sont actuellement en attente d’être livrés). Les tensions autour de cet or noir « illégal » sont aussi le fait de la situation en Iran. Les objectifs de l’administration Trump dans le dossier iranien n’étant pas limpides, la prime de risque fluctue au gré des dernières nouvelles concernant les discussions. Pour l’instant, pas d’escalade, mais pas de progrès non plus. Le Brent s’échange entre 66 et 70 dollars le baril.
Les métaux précieux affichent aussi une volatilité de tous les instants. L’or s’en tire toutefois bien mieux que l’argent. Le métal jaune rebondit puissamment sur les 4500 dollars et prend la direction des 5000 en fin de semaine. Le métal gris ne connaît pas le même succès. Il est toujours soumis à d’intenses pressions vendeuses, notamment de la part de Bian Ximing, le fameux trader chinois qui aurait gagné près de 300 millions de dollars lors de l’effondrement de fin janvier.
Les questionnements autour des datacenters pèsent aussi sur le cuivre qui se replie sous les 13 000 dollars/tonne à Londres. Le minerai de fer casse les 100 dollars à la baisse, une première depuis juin. Des stocks chinois bien remplis pèsent sur la demande.
Dans cet environnement houleux, l’obligataire américain a retrouvé son rôle de havre de paix. Des chiffres d’emploi décevants ont pu inquiéter les investisseurs (ADP : +22 000 vs +48 000 att, Challenger Job Cuts : +108 435) alimentant les espoirs de baisses de taux de la Réserve fédérale. Le 10 ans américain retombe autour de 4,20%. Cela dit, le narratif macroéconomique est plus que jamais celui de la « jobless growth » dans la mesure où les données d’activité sont très solides et que les investissements liés à l’IA donnent des signes de diffusion à l’ensemble du secteur industriel américain (ISM Manufacturier : 52,6 vs 48,5 exp.). Le dollar rebondit pour la deuxième semaine de suite. Le rapport officiel sur l’emploi et le CPI qui sortiront cette semaine aideront à éclairer ce paradoxe.
Performance hebdomadaire et depuis le début de l’année, % en monnaie locale
Source : SILEX, Factset au 06/02/2026. Investisseurs professionnels uniquement (tels que définis par la réglementation de votre pays d’origine).
Il ne s’agit pas d’une recommandation, à titre informatif uniquement. Les performances passées ne garantissent pas les performances futures.
Analyste Cross-Asset
liens utiles :
autres actualités :
Votre premier rendez-vous est gratuit : l’occasion de faire le point sur votre situation et d’identifier les leviers adaptés à vos objectifs.