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Au cours de la semaine écoulée, les indices européens ont été chahutés par les visées expansionnistes de Washington sur le Groenland et par les menaces de Trump de taxer les pays européens qui ne soutiendraient pas le projet. Malgré l’apaisement des marchés en fin de semaine lié au revirement du Président américain, les indices terminent presque tous en territoire négatif (FTSE MIB italien -2,3%, SMI suisse -2,1%, DAX allemand -1,7%, Dow Jones -0,5%, S&P 500 -0,4%). Le Nasdaq 100 (+0,3%) est sauvé par les semi-conducteurs.
Les revirements géopolitiques ont animé les marchés cette semaine, dans le sillage du World Economic Forum de Davos. La séquence a mal débuté après que Donald Trump a brandi la menace de droits de douane de 10% dès le 1er février sur 8 pays européens, arguant que l’annexion du Groenland (territoire rattaché au Danemark) était un enjeu de sécurité nationale pour les Etats-Unis. Ce coup de pression a déclenché un mouvement d’aversion au risque : le S&P 500 a signé sa plus forte baisse journalière depuis 3 mois et le VIX a progressé de 3%, se rapprochant du seuil des 20 points. La tension s’est toutefois atténuée en fin de semaine avec l’annonce d’un « accord-cadre » avec l’OTAN, illustrant une nouvelle fois la mécanique bien connue du TACO trade (Trump Always Chickens Out i.e., il ne met jamais ses menaces les plus graves à exécution).
Cet apaisement (très relatif) des tensions ne fait pourtant pas oublier les points de friction encore nombreux aux quatre coins du monde, de l’Ukraine à Taïwan, en passant par Gaza et l’Iran. Si les valeurs de la défense respirent cette semaine après une forte progression depuis le début de l’année (Renk -4,5%, Rheinmetall -3,8%), l’IPO réussie du groupe tchèque Czechoslovak Group est emblématique du boom du marché européen de la défense. Renault a, de son coté, annoncé qu’il s’associait au groupe français de défense Turgis Gaillard (contrat de €1Mds) pour fabriquer des drones (élément central de la stratégie militaire de l’Ukraine) destinés à Kiev, à la suite d’une demande du gouvernement français invitant les entreprises de l’automobile et de la défense à collaborer.
Intel a signé une forte baisse (-6,7%) après des résultats certes au-dessus des attentes au T4 mais marqués par une guidance décevante pour le T1 2026. Le marché a sanctionné l’absence de croissance des revenus du groupe qui fait face à de fortes contraintes d’approvisionnement. Le titre a gagné +150% sur un an, porté notamment par les prises de participation du gouvernement américain (10% du capital), de Nvidia (4%) ou encore Softbank (2%). Cela n’a pas interrompu pas la progression secteur des semi-conducteurs (cf. graph ci-dessous), dopé par le discours prononcé par le patron de Nvidia depuis Davos, sur les « lendemains prospères de l’IA » (Micron Technology +18,7%, AMD +13,9%).
Le chemin de croix d’Ubisoft (-40,2%), ancien champion français du jeu vidéo, se poursuit avec l’annulation du développement de 6 jeux et le report de 7 autres. L’entreprise accélère sa restructuration entamée en 2023 et accélère sur son plan de réduction des coûts. Le groupe souhaite recentrer son portefeuille et basculer vers un nouveau modèle opérationnel autour de 5 maisons de créations. Ces évolutions laissent également plus de place pour un rachat potentiel, notamment de la part des Chinois (Tencent détient déjà presque 10% d’Ubisoft et 25% de Vantage Studios, en charge des licences clés).
Le secteur du luxe et des marques de sports européens (Stoxx Europe 600 Consumer Products & Services –2,8%) a été malmené cette semaine. A Davos, la menace des droits de douane allant jusqu’à 200% sur les vins et champagnes français, brandies après le refus d’Emmanuel Macron de rejoindre le « conseil de la paix » lancé par D. Trump, a porté un premier coup au segment, déjà fragilisé par la publication de Richemont la semaine précédente. A l’approche de la saison des résultats, le marché a aussi été animé par des ajustements de recommandations d’analystes sur un certain nombre de valeurs (Adidas -10,1%, Pandora -8,2%, Brunello Cucinelli -6,3%). Enfin, Puma (-13,4%) a nettement décroché après les rumeurs de l’interruption des discussions entre le chinois Anta Sports et la famille Pinault autour d’un potentiel rachat du groupe.
Performance des semi-conducteurs, base 100 au 02.01.2026
Source : SILEX, Factset au 23/01/2026. Investisseurs professionnels uniquement (tels que définis par la réglementation de votre pays d’origine).
Il ne s’agit pas d’une recommandation, à titre informatif uniquement. Les performances passées ne garantissent pas les performances futures.
Head of Equity Research & Advisory
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