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La psychologie du marché des taux s’est retournée la semaine dernière. Si l’absence de données macro aux US avait bénéficié à la volatilité, l’anticipation du retour des publications a clairement remis le doute dans les esprits.
Le shutdown le plus long de l’histoire (43 jours) est terminé… jusqu’au 30 janvier. Les représentants démocrates et républicains ont trouvé un arrangement de courte durée afin de remettre l’administration en marche, synonyme du retour progressif des données macro économique. Le BLS a ainsi indiqué que les chiffres de l’emploi pour le mois de septembre seront publiés le 20 novembre, le chiffre pour octobre risquant de ne jamais voir le jour, tout comme le CPI de ce même mois.
De manière inattendue, l’arrivée des nouvelles données a relancé les interrogations sur la réunion du FOMC de décembre. Rajouté aux discours prudents des membres de la FED, le marché des futures price désormais la probabilité d’une baisse de taux à moins de 50% contre encore 70% la semaine dernière, ce qui a pesé en retour sur la partie longue : le rendement du 10 ans US est tombé jusqu’à 4.07% vendredi dernier avant de remonter à 4.15%, preuve des nouvelles interrogations. Le job report de septembre pourrait donc donc faire basculer les votes.
En Europe, les taux ont eu tendance à suivre la remontée des rendements US. Le 10 ans allemand est remonté vers 2.7% mais tous les rendements de la zone ont souffert. Côté rating souverain, la Grèce a grimpé de BBB- à BBB chez Fitch, et on notera que l’Afrique du Sud a également gagné un cran chez S&P de BB- à BB.
Conclusion: une semaine de poker menteur sur les taux où tout le monde a essayé d’anticiper la reprise des données. Cette semaine, nous rentrerons dans le tangible.
Le marché crédit résiste plutôt bienMalgré les mouvements sur le marché action, le marché crédit a très bien résisté la semaine dernière.
Les indices de spreads affichent une performance totalement stable sur la semaine et restent à respectivement 84bp et 82bp en Europe et aux US. Idem pour le segment high yield qui demeure sous les 300bp en Europe (299bp) et qui se resserre même de 5bp aux US. Le marché a clairement du mal à se positionner en cette fin d’année, mais la préservation des performances est probablement le plus important pour les investisseurs.
Le marché primaire a d’ailleurs tenu son rang avec les AT1 de Barclays et de BPER en EUR, la dette hybride de Repsol, et la dernière ligne droite des émissions HY qui permettent déjà de dépasser les EUR100md d’émissions cette année (David Lloyd pour les centres sportifs, Entain Plc dans le segment du gaming, Wepa dans l’hygiène, et le conglomérat chinois Fosun).
Le deal de la semaine est à mettre au profit d’ABN Amro qui a racheté NIBC pour EUR1md, permettant à l’AT1 de NIBC de gagner 1 point de prix. On notera aussi la publication des résultats Q2 2026 (fin septembre 2025) de Jaguar Land Rover, les premiers après la cyber-attaque subie en septembre. Cet événement a coûté £800m de cash burning au groupe, mais la tendance ne va pas s’inverser au Q3. Le groupe prévoit en effet d’autres pertes sur la seconde partie de son exercice.
Conclusion: malgré la remontée des interrogations, les spreads ont une nouvelle fois démontré leur solidité cette année.

Source : SILEX, Bloomberg au 14/11/2025. Investisseurs professionnels uniquement (tels que définis par la réglementation de votre pays d’origine).
Il ne s’agit pas d’une recommandation, à titre informatif uniquement. Les performances passées ne garantissent pas les performances futures.
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