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Au vu du contexte tendu sur les marchés obligataires ces derniers jours, on serait tenté de dire que « cela allait sans dire mais cela va mieux en le disant » : la Fed baisse ses taux de 25 pb, ramenant le taux cible des Fed funds dans la fourchette de 3,5-3,75%. C’est la troisième fois de suite que la Fed assouplit sa politique monétaire d’un quart de point. C’est aussi très probablement sa troisième et dernière « insurance cut » avant une période de pause. Néanmoins, les explications de Powell ont révélé un léger biais dovish pas forcément visible au premier abord, ni dans le SEP, ni dans les dot plots. Cela alimente les espoirs des marchés.
1) SEP & Dot plots :
La réunion du FOMC a été le théâtre de désaccord entre gouverneurs. Toutefois, le comité ne s’est pas fracturé contrairement à ce que l’on aurait pu redouter. La baisse de 25 pb a été plébiscitée par une large majorité de 9 membres, tandis que Goolsbee rejoignait Schmid parmi les hawks ne souhaitant plus baisser les taux et que Miran continuait à demander une « double dose » d’assouplissement, soit 50 pb.
Le communiqué de politique monétaire n’affiche pas de changement particulier. La dynamique de croissance y est toujours qualifiée de « modérée ». Le chômage « a augmenté en septembre » (de 4,3% à 4,4%) et l’inflation reste « quelque peu élevée ».
Le plus surprenant se trouve dans les prévisions économiques du FOMC (SEP). Les indicateurs d’activité sont au vert. La croissance est significativement revue à la hausse pour 2026 : elle s’établirait à 2,3% contre 1,8% dans le SEP de septembre. Côté emploi, les équilibres resteraient très maîtrisés avec un chômage contenu entre 4,4% et 4,5% ces prochains mois. Sans revenir à la cible officielle avant 2028, l’inflation progresserait un tout petit peu plus rapidement qu’attendu vers les 2%.
Sources: SILEX, Bloomberg, 11.12.2025
Les performances passés ne garantissent pas les performances futures
De telles prévisions ne laissent pas imaginer une situation où la Fed aurait trop grand besoin de baisser de nouveau ses taux rapidement. Par conséquent, les dot plots sont inchangés et n’indiqueraient, en médiane, que 25 bp d’assouplissement l’année prochaine. Il faut toutefois noter une dispersion très importante des dots pour 2026, éparpillés d’un peu plus de 2% à un peu moins de 4%. Il faut s’attendre à d’autres désaccords l’année prochaine.
Sources: SILEX, Bloomberg, 11.12.2025
Les performances passés ne garantissent pas les performances futures
2) Conférence de presse
Pendant la conférence de presse, Powell s’est montré relativement confiant, jugeant que le FOMC est en bonne position pour patienter et voir la façon dont l’économie évolue. L’amélioration des attentes de croissance s’explique par une consommation que le FOMC juge « résiliente » et par des dépenses d’investissements solides venant des entreprises (Powell a cité l’exemple des datacenters). Par ailleurs, environ 0,2% de croissance seront repoussés du T4 2025 au T1 2026 à cause du shutdown.
Il a aussi adopté un ton nettement plus dovish qu’attendu afin d’expliquer la réduction des taux ce jour.
La décision a été prise en partie en raison de doutes sur la fiabilité des données de créations d’emplois. Il a avancé le chiffre de 60 000/mois pour estimer les surestimations statistiques de créations ces derniers mois. L’économie tournerait donc autour de -20 000/mois (en net) plutôt que de +40 000. La carte de la prudence a donc prévalu. Il anticipe ainsi les révisions annuelles qui avaient vu une révision négative des créations d’emplois de plus de 800 000 sur l’année mars 2024-mars 2025.
On a aussi senti une Fed de plus en plus à l’aise sur les question liées à l’inflation qui ne nécessiterait plus qu’une forme de traitement passif, i.e baisser les taux de façon suffisamment progressive pour la faire rentrer dans le rang. La Fed estime que sans les tarifs douaniers de Trump, l’inflation serait déjà proche de 2% (principalement grâce à la désinflation progressive du logement) et que l’inflation causée par les taxes douanières devrait ralentir à partir du T2 2026. Du point de vue de l’enjeu politico-économique du coût de la vie, Powell rappelle que l’inflation ressentie par de nombreux Américains reflète davantage les vestiges des hausses de prix de 2021-2023 que des prix en accélération sur un an entre 2024 et 2025. D’où l’importance de la dernière séquence d’assouplissement monétaire afin de soutenir les salaires et donc le pouvoir d’achat.
Ces deux derniers points amènent les marchés à envisager une Fed un peu plus accommodante que ce que les dots laissaient imaginer au premier abord. Après la conférence de presse, les marchés de swaps anticipent deux baisses de taux pour l’année prochaine.
Analyste Cross-Asset
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